10. Jour 8

10. Le huitième jour

 

Le mot « propitiation » signifie l’acte de couvrir.
L’homme est couvert par le sang du sacrifice pour le délit,
couvert par le sang du sacrifice pour le péché,
couvert par le sang de l’holocauste.
Ce triple « couvert » nous parle de la Seule Offrande de Jésus Christ
dans son triple caractère,
offrandes inséparables aussi de « l’offrande de gâteau »
symbolisant Sa Vie sans défaut ici-bas, et de l’huile…

Versets 10 et 11 : « Et le huitième jour, il prendra deux agneaux sans défaut et une jeune brebis âgée d’un an, sans défaut, et trois dixièmes de fleur de farine pétrie à l’huile en offrande de gâteau, et un log d’huile.  Et le sacrificateur qui fait la purification placera l’homme qui doit être purifié devant l’Éternel à l’entrée de la tente d’assignation. »  Ce huitième jour si ardemment attendu s’est enfin levé. Les sept jours sont passés, leurs vicissitudes se sont évanouies. Voici pour le lépreux, le huitième jour ! Il peut maintenant retourner dans sa maison, rejoindre l’heureux cercle de famille où tout est paix et joie et amour. Douces joies de la maison après sept jours d’opprobre et son temps de témoignage. Le huitième jourdans l’Écriture paraît avoir une signification spéciale. Sept jours complétaient la semaine finissant par le shabbat, septième jour. Le jour suivant était  » le lendemain du shabbat  » ou le premier jour d’une nouvelle semaine. Mais ici, il n’est pas appelé – « le premier jour » ou – « le lendemain du shabbat », mais simplement – « le huitième jour ». [1] Ce terme est comme un symbole des desseins de Grâce au sujet de cette terre, quand, après des siècles de péché et de souffrance, Il introduisit une ère de joie et de paix, ainsi que le dit le Seigneur : « Voici je fais toutes choses nouvelles. »   Apocalypse 21, 5

De même, ce huitième jour était le commencement d’une ère nouvelle pour celui qui nous occupe. Les jours de vagabondage solitaire hors du camp sont passés pour toujours, les lavages dans l’eau ne sont plus nécessaires, ni le travail du rasoir. Plus jamais absent de la maison, loin des siens ; mais une vie d’amour, de joie, de paix et d’adoration a commencé. Aussi, à présent, tenant à la main chacune des offrandes prescrites (lesquelles désignent les différents aspects et l’excellence du grand Sacrifice de Christ), cet homme, qui, si récemment était un lépreux banni, est conduit au seuil du sanctuaire de Dieu pour être présenté à l’Éternel. Toutes les offrandes sont là, même le log d’huile symbolisant le Saint Esprit par lequel « Christ s’est offert Lui-même à Dieu. »Hébreux 9, 14    En vertu de ces offrandes, l’homme naguère si terriblement loin s’approche, près, tout près, de Dieu. Il ne me souvient pas qu’aucun Israélite, sauf les sacrificateurs et les lévites, n’a été amené si près de Dieu avec le merveilleux privilège d’être présenté à l’Éternel de cette façon. Et je ne me lasse pas de contempler cette scène ! Seulement huit jours auparavant, cet homme était un vil lépreux, banni du milieu des ses semblables, la tête nue, les vêtement déchirés, la bouche couverte quand il allait gémissant : « Impur ! Impur ! ». Et maintenant, il est amené, non seulement au milieu de son peuple mais au sanctuaire même de Dieu ; et là, il est présenté à l’Éternel. Heureuse et ineffable place, position bénie ! Mais attendez, cette place est la nôtre ! « Et vous qui étiez autrefois étrangers et ennemis quant à votre entendement, dans les mauvaises œuvres, Il vous a toutefois maintenant réconciliés dans le Corps de Sa Chair, par la mort, pour vous présenter saints et irréprochables et irrépréhensibles devant Lui. »Colossiens 1, 21-22  

« Étrangers et ennemis » dépeint exactement le lépreux banni du camp… « réconciliés maintenant dans le Corps de Sa Chair, par la mort » parle du lépreux purifié et ramené dans le camp, par la mort de cet oiseau vivant. Et dans quel but tout cela ? Ah ! pour le lépreux et le pécheur, c’est afin de « vous présenter saints et irréprochables et irrépréhensibles devant Lui ». Vous savez que certaines personnes privilégiées sont présentées à la cour d’un Roi. Mais vous et moi, cher ami chrétien, nous avons la perspective merveilleuse et bénie d’être présentés au Roi des Rois ! Et quelle ineffable douceur a pour moi cette expression : « Le sacrificateur qui fait la purification placera l’homme… devant l’Éternel. » Ce ne sera pas un étranger qui me prendra, moi, « étranger » aux Parvis Célestes et aux Gloires de cette lumineuse Demeure. Non, non, c’est le Sacrificateur qui m’a rendu net. Celui que j’ai connu et aimé ici-bas, si longtemps, Lui et pas un autre, me prendra et me présentera à l’Éternel.  Pourrai-je éprouver la moindre crainte alors qu’Il me prendra par la main et me conduira dans ces Parvis de Gloire pour me présenter à l’Éternel ? Ah ! non, c’est Sa Main, cette Main bénie et percée, qui m’a conduit durant toutes ces années de mon pèlerinage à travers le désert, qui me prendra pour me placer devant l’Éternel.

 

Nous avions un soir une étude biblique, dans la première épître de Pierre, et, arrivés au verset 11 du deuxième chapitre, l’un d’entre nous se tourna vers M. Tchang, un vieux croyant chinois, et demanda à ce cher frère : « M. Tchang, comment se fait-il que l’apôtre Pierre dise : “Je vous exhorte comme forains et étrangers…” tandis que l’apôtre Paul nous dit : “Vous n’êtes plus étrangers ni forains…” ? » M. Tchang demeura un moment fort embarrassé et pour lui venir en aide on lui fit une autre question : « Monsieur Tchang, êtes-vous un étranger sur la terre ? » « Oui » répondit-il, « même ma propre famille me connaît à peine ! » « Quand vous vous trouverez face à face avec le Seigneur Jésus, sera-t-Il un étranger pour vous ? » « Oh ! non », répondit-il « avec chaleur, un sourire éclairant tout son visage. Il est mon meilleur Ami, je Le connais depuis plus de quarante ans ! » Nous pouvons bien dire avec le poète :

Étranger arrivant là-haut, entre sans crainte.
Le Dieu que tu verras ne t’est point inconnu.
Celui qui te prendra dans Sa Demeure sainte
À chaque heure ici-bas près de toi s’est tenu !

Et plus nous aurons vécu comme des étrangers sur la terre, plus nous nous serons tenus « lavés » et « rasés », plus nous jouirons Là-haut. Moins nous aurons été conformes à ce monde, moins nous nous trouverons étrangers dans la Maison du Père, ainsi qu’un autre pouvait affirmer :

C’est le trésor trouvé dans Son Amour
Qui m’a rendu étranger ici-bas.

Nous nous représentons la joie, l’honneur et le privilège d’un tel moment, mais qu’est notre joie comparée à la Sienne ? Quand Il nous prend et nous présente à l’Éternel, Il voit, n’est-il pas vrai, du Fruit du Travail de Son Âme et en est satisfait ? Voici un autre pécheur lavé dans Son Sang précieux qui peut maintenant être amené dans la Présence même de Dieu. Rien de moins n’eût pu satisfaire le Cœur de Christ… Nous eussions été, vous et moi, peut-être parfaitement satisfaits d’avoir échappé au châtiment dû à nos péchés ; nous nous serions contentés d’obtenir une toute petite place à l’entrée de la porte du ciel. Mais, pour Lui, c’eût été trop peu. Tel est notre Sauveur ! N’avons-nous pas une petite lueur sur ce que sera Sa Joie au jour de la Présentation, par les paroles de Jude ? « Or à Celui qui a le Pouvoir de vous garder sans que vous bronchiez et de vous placer irréprochables devant Sa Gloire avec abondance de joie… » Il a pu s’écrier, un jour : « Mon Âme est saisie de tristesse jusqu’à la mort. »   Matthieu 26, 3    À cette tristesse excessive répond maintenant « une abondance de joie ». Quand Il a trouvé la brebis perdue, Il la met sur Ses épaules, bien joyeux, mais ensuite, l’ayant amenée à la maison, Il la place devant la Présence de Sa Gloire avec abondance de joie. Tout au long du voyage vers cette Demeure céleste, Il a conduit la brebis par « l’intelligence de Ses Mains » Psaume 78 72,   Il l’a soutenue et gardée de broncher ; Il peut bien maintenant, à la fin du pèlerinage, présenter le trophée de Sa Grâce et de Sa Puissance avec abondance de joie.

 

Mais comment peut-Il me placer irréprochable devant Sa Gloire, moi, un être si répréhensible, si loin de la perfection ? C’est la vertu des ces trois agneaux que le lépreux tient à la main, tandis que le sacrificateur les présente à l’Éternel. Vous remarquerez que, quand chacun de ces agneaux est offert, la Parole déclare : « Le sacrificateur fera propitiation pour lui. »Versets 18, 19, 20    Le mot « propitiation » signifie l’acte de couvrir. L’homme est – couvert par le sang du sacrifice pour le délit, – couvert par le sang du sacrifice pour le péché, – couvert par le sang de l’holocauste. Non seulement, aucun défaut, ni tache, ni souillure ne peut être trouvés sur cet homme si récemment banni du milieu de ses semblables, mais Dieu le voit dans l’excellence de la beauté et de la justice que représentaient ces agneaux. Ce triple « couvert » nous parle de la Seule Offrande de Jésus-Christ dans son triple caractère, offrandes inséparables aussi de « l’offrande de gâteau » symbolisant Sa Vie sans défaut ici-bas, et de l’huile. L’homme, eût-il essayé de se présenter sans ces offrandes, Dieu n’aurait jamais pu l’accepter ; mais identifié avec elles, celui qui était naguère impropre pour la présence de ses semblables, est acceptable pour la Présence de Dieu ! Quelque indispensable que fût pour le lépreux l’usage de l’eau et du rasoir, ce n’était pas cela qui le rendait propre pour cette merveilleuse Présence, mais seulement le Sang. De même, pour nous qui étions loin, « nous avons été approchés par le Sang de Christ » Éphésiens 2, 13    et nous aussi, nous sommes aussi « acceptés dans le Bien-Aimé ». Nous n’aurions jamais pu être acceptés autrement. Il est écrit en 1 Jean 3, 2 : « Nous savons que quand Il sera manifesté, nous Lui serons semblables car nous Le verrons comme Il est. Et quiconque a cette espérance en Lui, se purifie comme Lui est pur. »=Nous ne suivons pas cette injonction afin de Le voir et de Lui être rendus semblables, mais parce que nous avons l’espérance sûre et certaine de Le voir, en vertu de Son précieux Sang : nous nous purifions donc par l’eau de la Parole de Dieu.

 

Notes

[1] Nous comprendrons cette différence par le chapitre 23 du Lévitique : aux versets 11, 15, 16 : « Le lendemain du shabbat » parlant de la Résurrection de Christ et de la Venue du Saint-Esprit, et aux versets 36, 39 : « Le huitième jour » ; dans ces deux derniers versets, nous avons en type un nouveau commencement. Christ a régné sur la terre pendant mille ans ; tout péché a été aboli ; le diable banni pour toujours, et une éternité de joie et de paix commence.

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