LA CROIX ET LA DÉLIVRANCE

    « Car l’Amour de Christ nous presse,
parce que nous estimons que, si un seul est mort »
2 Corinthiens 5, 14
Allons maintenant à la deuxième épître de Paul aux Corinthiens, pour y trouver un message en contraste direct avec celui que nous avons lu dans le livre d’Ézéchiel. Le Seigneur a projeté Sa lumière, nous faisant descendre à la place où nous pouvons que crier :
Je suis trop peu de chose, je me condamne…
Job 39,37 ; 42,6
Mais à présent Il va projeter Sa lumière sur la vie qu’Il désire que nous vivions, sur sa source et son issue.
Nous voyons dans 2 Corinthiens 5,14, le mobile de la nouvelle vie :
l’Amour de Christ nous presse.
Dans le grec original, le mot traduit dans nos Bibles par presser suggère un torrent débordant ses berges et brisant toute barrière devant lui. Ceci est l’opposé de l’image que nous avons du ‘’moi’’ étriqué et égoïste, pleurant sur lui-même, et faisant de lui le pivot de la vie.
Il est clair dans ce passage, que ce n’est pas notre amour pour Christ, mais l’Amour même de Christ qui nous presse, l’Amour qui était dans le cœur de Dieu quand
Dieu a tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique…
Jean 3,16
Sans Jésus, comment devait être le ciel ?
Qu’est-ce que les anges ont du penser, voyant le Fils Unique du Père marchant sur cette terre en forme d’homme, acceptant les limitations de notre humanité, suivant pas à pas le chemin de l’humiliation, se livrant Lui-même entre les mains des créatures qu’Il avait faites, restant impuissant dans ces mains, et permettant qu’ils l’emmènent et le clouent sur l’infâme croix !
Oh ! Quel Amour il y avait dans le cœur du Père pour livrer Son Fils pour vous et moi ! Quel Amour il y avait dans le cœur du Fils pour quitter Son foyer et venir dans ce pauvre monde !
Oh ! L’Amour qui le fit se dépenser en faveur des autres du matin au soir ; l’Amour qui attira les pécheurs à Lui ; l’Amour qui Lui fit recevoir ces pécheurs et manger avec eux ; l’Amour qui le poussa au Calvaire tout le long du chemin ; l’Amour qui endura la croix, méprisa l’ignominie !
Notre amour s’effondre à tous égards. Notre amour pour Christ est bien peu de chose. Mais si seulement nous pouvions devenir des canaux pour ce torrent d’Amour qui a jailli du Père, et s’est manifesté dans le Fils pour un monde agonisant ne serait-ce pas différent ? Pensez à l’Amour de Christ se répandant pour nous et renversant toute  barrière.
Biens-aimés, ce fut ce merveilleux Amour de Christ qui rendit l’apôtre Paul capable de vivre en épanchant sa vie pour les autres. Lorsque nous regardons à Christ, nous ne pouvons oublier qu’Il était le Saint de Dieu ; mais quand nous pensons à l’apôtre Paul, lui qui se nommait le premier des pécheurs, nous voyons comment l’Amour de Christ peut donner pouvoir – même au premier des pécheurs.
Il est impossible de susciter en nous cet Amour. Nous pouvons dire combien méchants nous sommes, confesser que nous avons horreur de nous-mêmes et, néanmoins rester aussi égoïstes qu’avant.
Comment cette vie nouvelle va-t-elle devenir réelle en nous ?
Lisons encore le verset 14 : 
« l’Amour de Christ nous presse,
parce que si nous estimons que si un seul est mort pour tous…. »
Paul retourne au Calvaire, à l’Homme qui mourut. Ce fut la vision du Calvaire qui brisa le cœur de Paul, et libéra le torrent d’Amour divin qui s’écoula à travers lui.
N’est-il pas vrai que le Calvaire n’est pas une réalité pour nous ?
Nous chantons à propos de la croix, nous parlons de la croix. Oui, nous chantons les cantiques les plus solennels sur la croix, et nous ne sommes pas du tout émus, pas une larme ! Si le Saint-Esprit rendait cette croix réelle pour nous, ce serait comme si, dans notre être, une source profonde était touchée chaque fois que l’on ferait allusion à la croix.
Tout le secret de la vie de Paul, de la vie qu’il vécut, réside dans la révélation qu’il eut du Calvaire. En fait, il n’avait pas vu mourir le Seigneur Jésus ; il n’avait pas été un témoin oculaire (comme Pierre)
 » des souffrances de Jésus  »
et, cependant, comment se fait-il que Paul ait prêché la croix de la façon qu’il le fit ? Parce que Dieu lui donna une vision intérieure de la croix qu’il n’oublia jamais.
Quand Paul a-t-il entrevu la croix pour la première fois ?
Venons un moment au livre des Actes 7, 59-60,
Et ils lapidaient Étienne, qui… s’écria d’une voix forte :
Seigneur, ne leur impute pas ce péché !
Ce sont presque les mêmes paroles que prononça le Seigneur lorsqu’Il pria pour ceux qui le crucifiaient.
Les témoins déposèrent leurs vêtements
aux pieds d’un jeune homme nommé Saul

Saul, le pharisien aperçut dans le martyr Étienne quelque chose de l’Esprit du Crucifié ; et nous pouvons croire, à coup sûr, qu’il en fut obsédé. Plus cela le poursuivait, plus extrêmement, il s’acharnait contre les disciples du Nazaréen crucifié. Mais, alors que furieux, il était en route pour Damas, ce jour-là, il rencontra le Christ vivant qui lui dit :

Saul, Saul…

il te serait dur de regimber contre les aiguillons ?

Actes 9,4-5

Ce qu’il avait vu de l’Esprit de Jésus, dans le martyr d’Étienne, était allé droit dans son cœur, et se saisit de lui, jusqu’à ce qu’il rencontra le Vivant, le Christ ressuscité. C’est ce qui changea Paul, et a aussi changé quelques vies parmi nous.
Dois-je appeler cela une vision ?
Je n’aime pas employer le mot  » vision  » parce qu’il peut suggérer quelque chose d’extérieur. C’est réellement l’Esprit de Dieu dévoilant à nos cœurs le Calvaire et la mort de Christ, de telle manière que nous ne l’oublions plus et, ce qui, à l’avenir, dominera toute notre vie
Ce fut si réel pour le cœur et la vie de Paul, que la pensée de cette révélation est constamment mêlée à ses écrits. Il est merveilleux de se rappeler que le Seigneur Jésus expliqua Lui-même à Paul la signification de sa mort.
Lisons ce que Paul écrit aux Galates :
    « Je vous déclare, frères,
que l’ Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme ;
car je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme,
mais par une Révélation de Jésus–Christ. »
Galates 1.11-12
Paul dit clairement qu’il reçut ce message directement du Seigneur Jésus.
Pensez au Seigneur glorifié, avec les marques de Sa passion sur les mains, donnant Lui-même à Paul l’explication de Sa croix.
« Je l ‘ai reçu par une révélation de Jésus-Christ »
« L’Amour de Christ nous presse,
parce que nous estimons que si un seul est mort pour tous… »
Ici, la substitution nous est rendue très claire. Ceux qui mettent de côté la substitution du Calvaire, que diront-ils quand ils rencontreront le Seigneur ressuscité ? Grâces à Dieu, nous avons prouvé la véracité de ce message, et nous savons que nous avons la paix par le Sang de Sa croix.
Mais il est aussi écrit « un seul est mort pour tous, donc tous sont morts. » Paul se voit entièrement lié à la mort de Christ, sur la croix du  Calvaire. Avec la Lumière qui avait pénétré son cœur, il eut par le Saint-Esprit cette conviction : celle-ci est aussi ma place !
Quand nous parlons de porter la croix, que voulons-nous dire ?
Le Seigneur Jésus était en route vers la croix, lorsqu’Il a dit :
« Si quelqu’un veut venir après Moi,
qu’il renonce à lui–même,
qu’il se charge de sa croix,
et qu’il Me suive » 
Mathieu 16, 24
Quand le Seigneur parlait à ses disciples, Il utilisait des illustrations très familières. A Jérusalem on voyait des criminels qui se dirigeaient hors des murailles de la ville, portant une croix pour y mourir. Lorsque le Seigneur disait : « Chargez-vous de votre croix » c’était comme s’Il leur disait :
« Le moment viendra
où vous me verrez porter Ma croix et mourir sur elle.
Vous aussi vous devez porter votre croix
et comme Moi,
et avec Moi,
renoncer à votre propre vie
et mourir à cette vie-là. »
Nous avons appelé chaque petite difficulté  une croix, mais se charger véritablement de la croix signifie beaucoup plus. Cela veut dire que nous consentons à porter la croix de Christ et à mourir avec Lui à tout ce qu’il mourut ; que nous prenons Sa mort comme étant notre mort ; que nous consentons à tout ce que Sa mort signifia pour Lui, et à ce que Sa mort nous sépare de tout ce dont Il fut séparé sur Sa croix. Oui, se charger réellement de la croix signifie tant, que nous passerions toute notre vie à en découvrir la profondeur.
En outre, non seulement nous nous chargeons de Sa croix et croyons que nous avons été identifiés avec Lui quand Il mourut, mais nous cédons à la puissance de Sa mort, afin qu’elle œuvre en nous, jour après jour, dans une mesure toujours plus profonde, jusqu’à ce que vraiment nous soyons rendus conformes à Lui dans toutes les parties de notre être :
« L’Amour de Christ nous presse,
parce que nous estimons que
si un seul est mort pour tous ,
tous donc sont morts.»
 
Il est écrit très nettement que tous ceux pour qui Il mourut, moururent avec Lui. Ceci est la base de la vie de Dieu en nous. A moins d’avoir ce fondement clair et vrai, ce n’est que superficiellement que nous bâtirons. Combien d’enfants de Dieu essayent de raccorder une nouvelle vie à l’ancienne ! Ils ne voient pas que la vieille vie doit aller à la croix pour faire face à la nouvelle. Il est tristement possible de vivre avec beaucoup de l’ancienne vie habillée avec soin, pour ressembler à la nouvelle. La vieille vie utilisant, en fait, la phraséologie de la nouvelle.
Sommes-nous décidés à livrer à la croix tout ce que Dieu nous a montré de la vieille manière de vivre ?
Prenons-Le au mot !
Y a-t-il quelque chose de plus grave que d’avoir le renom d’être vivant, et cependant produire plus ou moins des œuvres mortes ?
Hélas ! C’est possible, sous le nom de sainteté. Si seulement nous étions prêts à prendre notre place avec Christ à la croix, Lui permettant de la rendre réelle en nous, il y aurait de la place pour le torrent de Vie et d’Amour divin, de sorte qu’il entre et possède tout notre être !
Mais lisons encore :
« Tous donc sont morts ;
et qu’Il est mort pour tous afin que ceux qui vivent… »
Dieu soit loué !
La mort et la résurrection ne sont jamais séparées dans le Livre.
« Il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent
ne vivent plus pour eux-mêmes
mais pour Celui qui est
mort et ressuscité pour eux. »
C’est le résultat béni !
Désormais pour Lui au lieu de pour moi.
A partir d’aujourd’hui, pour Lui, matin, midi et soir. Ainsi, nous marchons de jour en jour, ayant pris par la foi cette ferme position :
Seigneur, je livre ma vieille vie à la croix,
et je prends Ta Vie au lieu de la mienne !
Beaucoup d’entre nous ont pris une fois cette position, et ensuite ils l’ont laissée échapper parce qu’ils ne l’ont pas mise en pratique à chaque moment. Ils ont oublié qu’une fois n’est pas assez.
Ce doit être : 
« Portant toujours…
la mort de Jésus
afin que la Vie de Jésus soit aussi manifestée… »
2 Corinthiens 4,10
Nous devons garder le fondement de la croix, clair et vrai. Dès le départ, les deux aspects doivent aller ensemble : la vie par la mort, et la mort comme la base de la vie, tout le long du chemin.
Après avoir pris notre place avec Christ (ce qui veut dire que nous devons abandonner résolument la vieille vie à la mort), le diable dira :  » Tu as dit que tu étais crucifié, n’est-ce pas ? Que dis-tu au sujet de ceci ou de cela ? N’est-ce pas le moi ? « 
Alors nous devons avec à propos dire simplement :  » J’ai tout livré à la croix. Dieu dit que je suis mort avec Christ, et sur cette base je me tiens fermement. C’est ma liberté et mon libre choix maintenant. J’apporte donc à la mort cette manifestation du moi et en réclame la délivrance. « 
Ce n’est pas une théorie, ceci a été prouvé.
Si nous persévérons sur cette base, moment après moment, nous serons alors amenés sans arrêt, en conformité avec Sa mort. Non seulement vous devez prendre par la foi la place de Sa mort comme étant la vôtre, mais vous devez effectivement être amenés à la conformité à cette mort jusqu’au bout. Alors que vous vous tenez sur le fondement ainsi présenté, l’Esprit de Jésus prendra possession de vous de jour en jour. L’Esprit de l’Agneau se manifestera de plus en plus par vous, et vous serez étonné de constater que là où autrefois, vous auriez voulu vous battre, l’Esprit de Jésus règne maintenant.
C’est la Voie de Dieu pour nous délivrer, Sa manière de faire pour nous élever directement hors de nous-mêmes, dans une nouvelle Sphère, et de nous conduire à connaître dans une vie pratique, l’Esprit et la Vie de Jésus.
« Ignorez–vous que nous tous qui avons été baptisés
en Jésus–Christ,
c’est en Sa mort que nous avons été baptisés ? »
Romains 6,3
Après que Dieu a dirigé Sa lumière pour nous sonder, et nous a montré ce que nous sommes, n’est-ce pas un soulagement intense que de retourner au Calvaire ? Grâce à Dieu, pour la mort de Christ ! Dieu dit que je suis devenu une même plante avec Lui (que j’ai été planté selon la version anglaise) dans Sa mort,
« afin que, comme Christ est ressuscité des morts…
de même, nous aussi,
nous marchions en nouveauté de vie »
Romains 6, 4
Nous avons été trop occupés avec le côté de l’expiation en tant que règlement de comptes, plutôt qu’avec la Parole de Dieu qui nous dit que Christ devint malédiction pour nous, portant avec Lui, nous les maudits, sur Sa croix.  Galates 3,13
Oh ! Qu’Il nous emmène plus profondément dans la connaissance de Sa croix, afin qu’il y ait plus de place pour la manifestation de sa vie !
Nous commettons l’erreur, parce que nous en avons une certaine connaissance, de penser que nous connaissons tout !
Vous dites peut-être avec confiance : « J’ai été crucifié avec Christ «  ; mais vous pouvez être sûrs que vous n’avez pas encore approfondi sa signification !
C’est sur cette seule base que la lumière et la vie de Dieu peuvent couler en nous. Ce n’est que dans la mesure où nous consentons à ce que la vie de Christ agisse en nous par le Saint-Esprit, que le torrent de Sa vie pourra emporter tout ce qui entrave son écoulement.
« Des fleuves d’eaux vives couleront de son sein »
Jean 7, 38
Les âmes attendent l’Amour de Christ.
Nous en parlons et disons :  » je vous aime » !
Mais combien froid et loin de la réalité est notre amour ! Il nous faut l’Amour qui spontanément et inconsciemment fera que nous nous dépensions pour les autres. Le monde en a besoin. Nous sommes semblables à des vases d’albâtre, avec le parfum à l’intérieur. Ces vases ont besoin d’être brisés !
Prenons comme exemple deux verres d’eau. Ils peuvent bien être transparents. Vous les placez ensemble. Comme ils sont durs ! Quel bruit feront-ils au moment où ils se touchent l’un l’autre ! Supposons que nous les brisons et laissons l’eau des deux verres s’écouler ensemble. Il n’y a plus de bruit, plus de dureté, mais de l’unité.
Ainsi, lorsque Dieu nous élève vers Lui, hors de notre moi étriqué, nous allons ensemble dans un seul Esprit. Si les enfants de Dieu vivaient cette vie bénie dans leurs familles, et dans le monde, combien les âmes seraient attirées vers notre glorieux Seigneur.
L’important c’est de reconnaître que, chaque fois que les gens repoussent Christ, c’est généralement dû à quelque faute de notre part. Si les âmes autour de nous ne sont pas attirées vers Lui, ce doit être à cause du vase, certainement pas du Christ vivant qui y habite !
Si Jésus vivait là où nous vivons, les âmes ne seraient-elles pas touchées et attendries ? Bien sûr qu’elles le seraient. Donc, pourquoi Jésus ne devrait-Il pas vivre où je vis, puisqu’Il est disposé à vivre en moi ?
Maintenant, sans discuter sur ce sujet, sans le définir, disons simplement par la foi :  » Je prends Sa mort comme la mienne.  » Et, à chaque moment, disons simplement par la foi :  » Seigneur, Ta mort est ma mort et Ta vie est ma vie. « 
Sera-ce la réponse à tout ce qui nous a été dévoilé de si terrible sur nous-mêmes ?
C’est comme une corde qui nous est tendue alors que nous désespérons de nous-mêmes, une puissance qui nous élève en union avec Christ. Sa Lumière et Son Amour couleront à flots à travers nous, de jour en jour, et nous porterons les marques de notre Seigneur crucifié. Nous n’aspirerons à aucune grande expérience, mais nous nous contenterons de marcher avec l’Esprit du Christ crucifié se manifestant par nous.
Dans notre foyer nous cesserons de discuter sur beaucoup de choses, et apprendrons silencieusement à marcher et à vivre avec Celui qui devint le Serviteur de tous.
à suivre…