porneia 1

Fornication : porneia 1

L’erreur humaniste a pénétré la doctrine de l’église. Nous savons que la Parole de Dieu ne se contredit jamais. Gardons cela en mémoire pour comprendre la signification de porneia

Matthieu 5, 27-32
Matthieu 19, 5-12
1 Corinthiens 7, 12-16

Le passage de Matthieu 5 a été dit aux disciples.
Le passage de Matthieu 19 a été dit aux pharisiens.
Le passage de 1 Corinthiens 7 a été écrit à l’église de Corinthe.

Mattthieu – écrit aux Juifs

Il est vraiment important de noter que la plupart des érudits sont d’accord : l’évangile de Matthieu a été écrit uniquement aux Juifs pour prouver que Jésus était vraiment le « Promis » – le Messie. Voici trois preuves à l’appui de ce fait : 1. Nous trouvons en Matthieu, et seulement là la généalogie de Marie et de Joseph, pour prouver aux Juifs que personne d’autre que Jésus-Christ ne pouvait remplir les conditions pour être le Messie promis. 2. Alors que Marc et Luc font de nombreuses références au « Royaume de Dieu », Matthieu est différent. Parce que les Juifs recherchaient un Royaume terrestre, ils ne pouvaient pas comprendre pourquoi Jésus disait la chose suivante :

Mon Royaume n’est pas de ce monde…
Jean 18, 36

Dans l’Évangile de Matthieu, au lieu d’utiliser la même phrase qu’en Marc et Luc – c’est-à-dire « le Royaume de Dieu » – Jésus en parle au moins 23 fois comme du « Royaume des Cieux, » rappelant ainsi aux Juifs qu’Il n’était pas venu à ce moment-là pour établir un Royaume terrestre. 3. Beaucoup des prophéties que l’on trouve uniquement en Matthieu se réalisèrent quand Jérusalem fut détruite en 70 après Jésus-Christ, et furent ainsi écrites pour les Juifs en particulier. Si nous comprenons bien ce fait, en abordant les passages de Matthieu, nous trouverons une belle harmonie.

Matthieu a été écrit aux Juifs, Marc aux Romains, Luc aux Grecs.

Examen du mot porneia : fornication

 

1. Définitions

Les définitions des mots adultère et fornication sont bien distinctes :

  a. fornication – porneia en grec :

– relations sexuelles illicites entre personnes non-mariées.
– coït prémarital Exode 22, 16 ; Deutéronome 22, 28-29 ; Matthieu 5, 33 ; 19, 9 ; Jean 8, 41

b.  adultère – moikeia (et mots dérivés) en grec :

– violation volontaire du contrat et de l’Alliance de Mariage, par l’un ou l’autre des partenaires, en s’engageant dans des relations sexuelles, ou en désirant être avec une autre personne.

– relations sexuelles hors mariage. Deutéronome 22, 22 ; Exode 20, 14 ; Lévitique 20, 10 ; Proverbes 6, 32-33 ; Matthieu 15, 18-20

Il faut noter que, dans la Bible, le terme porneia est utilisé de trois façons différentes : un sens large, un sens restreint, et un sens précis. La plupart des érudits sont d’accord avec ces usages.

2. Sens large de porneia

Dans son sens large, porneia vient d’une racine qui signifie vendre. On l’utilisait en général pour faire référence à la vente d’esclaves dans un but de prostitution. Cela inclut l’adultère, les perversions sexuelles, la bestialité, et la prostitution…
Ce sens large se trouve plusieurs fois dans l’Ancien Testament et est mis en avant – par ceux qui essaient de prouver que la fornication signifie toute sorte d’immoralité – comme le seul sens trouvé dans les Écritures. Bien sûr, ce n’est pas le cas.

3. Sens restreint de porneia

Dans ce sens restreint, nous trouvons porneia utilisé pour parler spécifiquement des rapports sexuels avant mariage. Une fois encore, nous utiliserons les versets clairs pour faire la lumière sur ceux qui ne le sont pas.En 1 Corinthiens 7, l’Apôtre Paul parle spécifiquement à des célibataires :

Or, pour ce qui est des choses au sujet desquelles vous m’avez écrit,
il est bon à l’homme de ne pas toucher de femme ;
mais, à cause de la fornication porneia
[rapports sexuels illicites, coït prémarital]
que chacun ait sa propre femme,
et que chaque femme ait son mari à elle.
1 Corinthiens 7, 1-2

Essayer d’appliquer le sens large de porneia (toute sorte d’immoralité) à ce verset serait complètement irréaliste et d’une herméneutique peu solide. C’est particulièrement vrai si on réalise que Paul s’adressait à des chrétiens. On trouve un autre exemple au chapitre 8 de Jean, lorsque Jésus dit aux Juifs que, bien qu’ils se revendiquent fils d’Abraham, leurs actions prouvent qu’ils sont fils du diable. En une réponse humiliante, les pharisiens disent à Jésus, en faisant référence à Sa propre naissance :

…Nous ne sommes pas nés de la fornication… porneia
Jean 8, 41

La Parole Vivante dit :

Nous ne sommes pas nés hors mariage…porneia

Il ne serait pas juste de dire que porneia ici signifie : prostitution, adultère, perversions sexuelles, ou bestialité. En langage courant, les pharisiens disaient : « Nous avons été conçus par Abraham et Sarah, pas par Agar ou une autre. Spirituellement, nous sommes vraiment hébreux. » Cependant le choix des mots apporte un deuxième sens ou une insinuation : « Nous ne sommes pas illégitimes, mais Toi, Tu l’es ! »

4. Sens précis de porneia

Une autre utilisation stricte de porneia est ce que nous appellerons « l’utilisation précise ». Cela signifie, le cas où on utilise des termes spécifiques, en opposition à des termes généraux, pour décrire une situation. En 1 Corinthiens 6, 9-10, nous trouvons une utilisation au sens strict de porneia, très précise :

Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point du Royaume de Dieu ?
Ne vous y trompez pas :
ni fornicateurs  porneia
ni idolâtres,
ni adultères,
ni efféminés,
ni ceux qui abusent d’eux-mêmes avec des hommes,
ni voleurs,
ni avares,
ni ivrognes,
ni outrageux,
ni ravisseurs,
n’hériteront du Royaume de Dieu.
1 Corinthiens 6, 9-10

Toutes ces conditions, décrites par l’Apôtre Paul dans ces versets, pourraient être qualifiées d’immoralité, de péché, ou d’impureté. Mais au lieu de cela, l’Apôtre Paul a utilisé d’autes termes bien précis. Dans ce cas, on pourrait dire : la fornication est péché ; l’adultère est péché, mais la fornication et l’adultère ne sont pas la même chose. La fornication porneia signifie des rapports sexuels illicites entre des personnes non-mariées, tandis que l’adultère moikeia signifie des rapports sexuels hors mariage.

On peut en trouver d’autres exemples en Matthieu 15, 19 ; Marc 7, 21 ; Galates 5, 19-21  Matthieu a écrit principalement aux Juifs, pour prouver que Jésus-Christ était le Messie. Il traitait spécifiquement de questions et de problèmes de thématique juive, comme le Messie, la prophétie, la mauvaise interprétation des Lois juives, les fiançailles, le Mariage, et le divorce. Lorsque nous aborderons les “ clauses dites d’exception ” dans les chapitres 5 et 19 de Matthieu, il est essentiel que nous gardions cela à l’esprit, afin d’interpréter correctement.

Jusqu’à présent, nous avons montré qu’essayer de donner à fornication le sens d’adultère, immoralité ou manque de chasteté viole la vérité évidente de nos versets de base clairs (Luc 16, 18 ; Marc 10, 11-12 ; 1 Corinthiens 7, 10-11, 39 ; Romains 7, 2-3.)

Si cela signifiait l’une de ces trois choses, alors nous devrions complètement éliminer tous les versets singuliers clairs que nous avons étudiés jusqu’à présent, ou on ne pourrait vraiment pas les interpréter de cette façon. Si fornication, dans les chapitres 5 et 19 de Matthieu, signifie que l’adultère, le manque de chasteté, ou l’immoralité générale sont des motifs de divorce et donnent le droit de se remarier tant que le premier conjoint est encore en vie, alors Jésus et Paul étaient tous deux dans l’erreur. Et si nous croyons qu’ils étaient dans l’erreur sur ce sujet important, comment leur faire confiance sur les autres ?Jésus a dit que les couples devenaient ” Une Seule Chair “. Et il a aussi dit qu’ils ne pouvaient pas être séparés. Paul a dit en 1 Corinthiens 7 (paraphrase) :
« Si vous vous séparez, restez célibataire ou remariez-vous avec votre unique mari.
Si vous divorcez et en épousez un autre avant que votre premier époux ne meure,
vous êtes adultère ;
et à moins que vous ne vous repentiez de ce péché,
vous n’hériterez pas du Royaume de Dieu. »
Une fois que nous avons comparé les passages clairs de l’Écriture avec ceux qui ne le sont pas, une évidence commence à se faire jour. Pour comprendre les versets des “ clauses dites d’exception ”, nous devons comprendre ce que Matthieu disait vraiment aux Juifs, dans les chapitres 5 et 19 de Matthieu. Nous devons comprendre les idiosyncrasies (réactions) sociales auxquelles Matthieu devait s’adresser. Lorsque Matthieu a inséré l’expression « si ce n’est pour cause de fornication », il a fait à cause de ses lecteurs juifs et leurs coutumes sociales uniques concernant les fiançailles. Une fois que nous avons compris la signification historique et la pertinence sociale des “clauses  dites d’exceptions   » de fornication , il devient évident que Jésus, dans les chapitres 5 et 19 de Matthieu, était totalement en accord avec tous les passages de l’Écriture concernant le mariage et le divorce. Il confirmait encore le caractère universel et permanent des Lois du Mariage. Il insistait encore sur Son désir que nos vies soient pures et chastes. Mais Il montrait aussi aux Juifs que la concession que Moïse avait faite prenait fin. Il n’était pas nécessaire de parler de ces idiosyncrasies dans les Évangiles de Marc et Luc.
Rappelez-vous que Marc a été écrit aux Romains et Luc aux Grecs. Nous allons maintenant aborder  » ces soi-disant clauses d’exceptions « en gardant cela à l’esprit, afin de voir si l’on peut retrouver une interprétation cohérente et vraie.