L’adultère dans Marc 1

L’adultère dans Marc 1

 

L’Évangile de Marc a été écrit aux Romains (des non-Juifs). Dans ce même livre, Jésus parlait aux pharisiens, qu’Il appelait « fils de Satan ».

Et des pharisiens vinrent à Lui, et, pour L’éprouver, Lui demandèrent :
« Est-il permis à un homme de répudier sa femme ? »
Et Lui, répondant, leur dit :
« Qu’est-ce que Moïse vous a commandé ? »
Et ils dirent :
« Moïse a permis d’écrire une lettre de divorce, et de répudier sa femme. »
Et Jésus, répondant, leur dit :
« Il vous a écrit ce commandement à cause de votre dureté de coeur ;
mais au commencement de la Création, Dieu les fit mâle et femelle,
c’est pourquoi l’homme laissera son père et sa mère et sera uni à sa femme,
les deux seront ” Une Seule Chair “ ;
ainsi ils ne sont plus deux, mais ” Une Seule Chair “.
Ce donc que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
Et dans la maison encore, Ses disciples L’interrogèrent sur ce sujet ;
et Il leur dit :
« Quiconque répudiera sa femme et en épousera une autre,
commet adultère envers la première ;
et si une femme répudie son mari, et en épouse un autre,
elle commet adultère ! »
Marc 10, 2-12

Analysons attentivement ces versets afin d’en tirer l’interprétation la plus naturelle et la plus claire possible : Premièrement, regardons qui posait la question ? Nous avons déjà vu que c’était les pharisiens. Deuxièmement, quelle était leur motivation ? L’Écriture nous dit qu’ils détestaient la façon dont Jésus mettait à jour leur fausseté religieuse et permettait qu’on les voie comme les opportunistes religieux qu’ils étaient.…pour L’éprouver,

Lui demandèrent :
« Est-il permis à un homme de répudier sa femme ? »
Marc 10, 2

Si nous pouvons comprendre ce que Marc voulait dire par cette expression « pour L’éprouver », cela nous dévoilera leur motivation. Ils essayaient de piéger Jésus !

Matthieu, Marc et Luc ont consigné la façon dont les dirigeants juifs envoyaient des pharisiens et des gens d’Hérode, pour piéger Jésus. Ils cherchaient à Lui faire dire quelque chose qu’ils pourraient présenter aux Romains comme une parole subversive, afin de Le faire mourir. En Luc, au chapitre 20 ils demandèrent :

« Nous est-il permis de payer le tribut à César, ou non ? »
Luc 20, 22

Ce type de question posée à Jésus, c’est comme si aujourd’hui quelqu’un vous demandait si vous avez arrêté de battre votre femme ou de tromper votre mari. On ne peut pas répondre à ces questions sans avoir de problèmes avec quelqu’un. C’est pareil avec cette question-là : il ne suffit pas de dire oui ou non… Leur objectif était – soit que les Romains Le recherchent pour insurrection, – soit que les zélotes juifs soient en colère contre Lui parce qu’Il acceptait de payer les impôts à Rome. Ces zélotes pensaient qu’on ne devait payer aucun impôt. Cependant Jésus dit :

« Montrez-moi un denier ! »
Luc 20, 24

Lorsqu’ils le firent, Il demanda :

« De qui a-t-il l’image et l’inscription ? »
Luc 20, 24

Ils répondirent :

« De César !»

et Jésus dit :

« Rendez donc les choses de César à César, et les Choses de Dieu à Dieu ! »
Luc 20, 25

Le verset 26 est très beau :

Et il ne pouvaient Le surprendre dans Ses Paroles devant le peuple ;
et étonnés de Sa réponse, ils se turent.
Luc 20, 26

Jésus échappa au piège qu’ils avaient tendu pour Le détruire. Tout comme les pharisiens essayèrent de piéger Jésus en Luc 20, ils essayèrent encore en Marc 10. Il est impératif que nous connaissions ce contexte pour comprendre la réponse de Jésus.

 

1. Libéral ou conservateur ?

Les pharisiens demandaient à Jésus : « Est-il permis à un homme de répudier sa femme ? » Il jouaient encore la politique de partis. Tout comme nous avons aujourd’hui une “droite” et une “gauche” politiques et religieuses, que l’on appelle parfois “libérale” ou “conservatrice”, ainsi en était-il des Juifs au temps du Christ. Il y avait deux courants principaux d’interprétation religieuse enseignés au temps de Jésus au sujet de Deutéronome 24 :

Si un homme prend une femme et l’épouse,
et qu’il arrive qu’elle ne trouve pas grâce à ses yeux,
parce qu’il aura trouvé en elle quelque chose de malséant,
il écrira pour elle une lettre de divorce, et la lui mettra dans la main,
et la renverra hors de sa maison.
Et elle sortira de sa maison et s’en ira, et elle pourra être à un autre homme.
Et si le dernier mari la hait, et qu’il lui écrive une lettre de divorce et la lui mette dans la main,
et la renvoie de sa maison, ou si le dernier mari qui l’avait prise pour sa femme vient à mourir,

alors son premier mari, qui l’a renvoyée, ne pourra pas la reprendre pour être sa femme,
après qu’elle aura été rendue impure ;
car c’est une abomination devant l’Éternel,
tu ne chargeras pas de péché le pays que l’Éternel, ton Dieu,
te donne en héritage.
Deutéronome 24, 1-4

Ces deux interprétations bien connues faisaient le sujet de constants débats parmi les rabbins. Ces écoles rabbiniques, comme on les appelait, portaient le nom de leurs fondateurs :

L’interprétation libérale avait été exposée par Rabbi Hillel. Pour lui, ce passage du Deutéronome signifiait que, si un homme était marié, et que sa femme l’embarrassait devant ses parents, lui criait dessus, dansait en public les cheveux lâchés, faisait brûler le pain – ou simplement s’il trouvait une plus jolie fille – cela serait un motif de divorce, avec la possibilité d’épouser quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, on appelle cela « l’incompatibilité d’humeur ». D’autre part, si la femme découvrait que son mari était lépreux, avait une tumeur, était hérétique, ou engagé dans un commerce salissant – tel que tanneur ou artisan en chaudronnerie d’art – et que cela lui devienne insupportable, cela serait un motif de divorce, et elle serait libre d’épouser quelqu’un d’autre.

La position conservatrice avait été exposée par Rabbi Shammai. Il disait que le divorce était possible seulement en cas de non-chasteté. Seule l’impureté morale constituait un motif de divorce et permettait le remariage. Aujourd’hui, nous appellerions cela « la théologie chrétienne dominante ». Gardez à l’esprit ces deux positions en regardant la réponse de Jésus. Il aurait très bien pu dire : – « Je suis d’accord avec Rabbi Hillel. » ou – « Je suis d’accord avec Rabbi Shammai. » et cela aurait résolu la question !! Si vous lisez les théories actuelles sur le Mariage et le divorce, disponibles aujourd’hui dans les livres en vente dans la plupart de nos librairies chrétiennes, il devient évident que la doctrine de Shammai s’est imposée parmi nous. Et le fait de simplement oser suggérer une éventuelle autre position doctrinale est reçu par la majorité des églises d’aujourd’hui comme équivalent à l’hérésie ! Si l’enseignement de Shammai était vrai, alors Jésus a complètement raté une occasion de choix pour l’appuyer. Gardez à l’esprit ces deux positions en regardant la réponse de Jésus.

Il aurait très bien pu dire : – « Je suis d’accord avec Rabbi Hillel. » ou – « Je suis d’accord avec Rabbi Shammai. » et cela aurait résolu la question !! Si vous lisez les théories actuelles sur le Mariage et le divorce, disponibles aujourd’hui dans les livres en vente dans la plupart de nos librairies chrétiennes, il devient évident que la doctrine de Shammai s’est imposée parmi nous. Et le fait de simplement oser suggérer une éventuelle autre position doctrinale est reçu par la majorité des églises d’aujourd’hui comme équivalent à l’hérésie ! Si l’enseignement de Shammai était vrai, alors Jésus a complètement raté une occasion de choix pour l’appuyer.

2. La réponse de Notre Seigneur

Notez comment Jésus a répondu à ces pharisiens. Il a ignoré Hillel et Shammai, comme s’ils n’existaient pas. Vous voyez, Jésus n’a jamais été impressionné par les interprétations dominantes qui étaient en vogue à son époque. Il les appelait traditions. Mais Lui, répondant, leur dit :

« Ésaïe a bien prophétisé de vous, hypocrites ; comme il est écrit :
Ce peuple-ci M’honore des lèvres, mais leur cœur est fort éloigné de Moi ;
mais ils M’honorent en vain, enseignant comme doctrines, des commandements d’hommes.
Car, laissant le commandement de Dieu, vous observez la tradition des hommes,
de laver les pots et les coupes ; et vous faites beaucoup d’autres choses semblables. »
Et Il leur dit :
« Vous annulez bien le commandement de Dieu, afin de garder votre tradition. »
Marc 7, 6-9

Ou, dans la Parole vivante[ii] :

« Vous rejetez les Lois de Dieu et les foulez aux pieds
au nom de la tradition.
»

Les traditions de l’époque du Christ furent établies par le même processus que celui qui préside à l’évolution de nos lois actuelles.  Les enseignements de Shammai et de Hillel étaient tout ce qui restait de la véritable Norme divine du Mariage après que les dirigeants religieux s’en furent occupés.