Le Calendrier essénien 1

AnimaLune

Tiré du site Le Calendrier essénien

Nous n’allons pas refaire ici la chronologie de la Palestine puisque que nous en avons déjà pris connaissance dans la page consacrée au calendrier juif.

En revanche, notre découverte du calendrier essénien va nous amener à nous pencher sur trois types de documents : le Livre des Jubilés, le Livre d’Hénoch et les manuscrits de la mer Morte.Aussi, proposons nous de faire plus ample connaissance avec l’histoire de ces différents documents.

Le Livre des Jubilés

C’est un ouvrage biblique classé dans les pseudépigraphiques (écrits juifs qui ne font partie ni du canon juif, ni du canon chrétien) par la Pléiade qui regroupe ces écrits dans un ensemble d’écrits » intertestamentaires » parce qu’ils se situent entre l’Ancien Testament et le Nouveau Testament.

Le Livre des Jubilés découpe en « jubilés » (périodes de quarante-neuf ans) la série des événements relatés depuis la Genèse jusqu’au chapitre XII de l’Exode. Chaque jubilé est à son tour divisé en sept séries de sept ans.

Il est connu sous diverses appellations : Livre des Jubilés, Petite Genèse (parce qu’il répète ou paraphrase une grande partie de la Genèse et des passages de l’Exode), Apocalypse de Moïse et Testament de Moïse.

Il aurait été écrit, dans sa forme définitive, vers l’an 100 av. J.-C. Plusieurs fragments de sa version hébraïque primitive figurent dans la « bibliothèque » découverte à Qumran en 1947.

Le livre d’Hénoch

Le Livre éthiopien d’Hénoch (ou Premier Livre d’Hénoch) est l’ouvrage le plus long des Pseudépigraphes. Son nom, « Hénoch éthiopien », lui vient de la seule version dans laquelle il nous est parvenu en entier. Il comporte plusieurs parties écrites par différents auteurs entre le IIe et le Ier siècle av. J.-C. L’ouvrage original aurait été écrit soit en hébreu soit en araméen. Il fut peu après traduit en grec. La traduction en langue éthiopique aurait été faite à partir du grec vers 500 apr. J.-C. Des passages de la version en langue éthiopique nous sont parvenus en grec, en latin et en araméen, ces derniers ayant été découverts à Qumran.

Le livre comporte sept parties. C’est la quatrième partie (71-82) contenant des révélations sur les corps célestes qui nous intéresse particulièrement dans notre étude du calendrier essénien.

Notons au passage qu’il existe sur le Net une traduction française du Livre d’Hénoch (ici par exemple). Elle est quelquefois assez différentede la traduction anglaise de Richard Laurence. Quand cette différence aura une importance, je donnerai à la fois le texte français et le texte anglais.

 

Qumran et les manuscrits de la mer Morte

 

Nous venons, dans les deux paragraphes précédents, deparler de Qumran où ont été trouvés plusieurs textes du Livre d’Hénoch et du Livre des Jubilés. Nous n’allons pas voir par le menu l’histoire de Qumran et des manuscrits de la mer Morte. La littérature ne manque pas sur le sujet. Notre seule volonté ici sera de positionner les manuscrits que nous allons étudier à la fois dans le temps, et dans l’histoire des courants de pensée de l’époque.

A propos de Qumran, on peut lire dans Encarta

« Qumran, également appelé Khirbet Qumran (« ruine
de pierre »), établissement juif de la Palestine antique près duquel furent découverts en 1947 les manuscrits de la mer Morte.Le site se trouve sur la rive nord-ouest de la mer Morte, à 13 km au
sud de Jéricho. À l’époque du Christ, Qumran était le centre d’une grande communauté religieuse appartenant à la secte des esséniens. Ceux-ci se séparèrent des autres courants religieux juifs au
IIe siècle av. J.-C. Persécutés par les Maccabées, ils se retirèrent dans le désert, ce qui convenait à leur vie ascétique. Le site de Qumran, où ils vécurent nombreux, installés dans les grottes
des falaises environnantes, fut probablement occupé vers 135 av. J.-C. Il fut temporairement abandonné après un tremblement de terre en 31 av. J.-C. et détruit par les Romains en 68 apr. J.-C. Il
fut habité une dernière fois en 132-135 apr. J.-C. par les insurgés de la révolte de Bar Kocheba.
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Résumons en images avec quelques précision

1947

En mars 1947, un jeune Bédouin (Muhammad ed-Dib), de
la tribu Ta’amirech découvre des manuscrits enfermés dans des jarres. Elles sont entreposées dans la grotte d’Ain-Feshka. Tout naturellement, cette grotte deviendra la grotte A ou grotte
1.

En haut, à droite, la localisation des
grottes qui contenaient des manuscrits. Ces manuscrits recevront une référence indiquant la grotte dans laquelle il fut découvert et son numéro d’ordre. Ainsi 4Q317 sera le 317ème
manuscrit découvert dans la grotte A.

A gauche, l’entrée de la grotte 1 dans
laquelle furent découverts les premiers manuscrits.

Depuis la première découverte, 180 grottes ont été explorées. Parmi elles, une quinzaine contenaient des manuscrits. La quatrième, qui nous intéresse particulièrement à cause des manuscrits concernant le calendrier qu’elle contenait, fut découverte en 1952.

C’est ainsi que furent découverts, dans l’ensemble des grottes, de nombreux fragments littéraires divers et des centaines de texte se rapportant à la plupart des livres de l’Ancien Testament bibliques et non bibliques (comme le livre des Jubilés et le livre de 1 Hénoch).

Ces manuscrits étaient écrits sur des peaux d’animal ou de papyrus. Pour les lire, dans une écriture de droite à gauche, il fallait les dérouler. Plusieurs langues étaient utilisées (Hébreu, araméen,grec) dans une demi-douzaine d’écritures différentes. Certains des manuscrits étaient en piteux état et il fallut beaucoup de temps et de patience pour reconstituer près de 870 manuscrits à partir de plus de 15 000 fragments.

Après diffusion de l’intégralité des rouleaux en 1911, on constata que des centaines de scribes avaient participé à l’élaboration des textes. A peine une demi-douzaine de ces scribes avaient commis plusieurs textes.

Quelques uns de ces rouleaux seraient du II ème siècle av. J.-C, la grande majorité du premier siècle av. J.-C. et un petit nombre du premier siècle de notre ère. On peut donc considérer que les auteurs œuvrèrent dans une période comprise entre 200 av. J.-C. et 100 ap. J.-C.

1951

C’est à cette année qu’à 3 kilomètres de la grotted’Ain Feshka on découvre et on entreprend les fouilles de Khirbet Qumran (Khirbet signifie ruines en arabe). Ces fouilles avaient pour but d’aider à comprendre qui se cachait derrière l’élaboration des textes.

Les fouilles durèrent de 1951 à 1956 et on découvritun véritable ensemble communautaire : système d’approvisionnement en eau sophistiqué, grande salle considérée comme étant le srciptorium, lieu de rédaction des manuscrits), salle de réunion, blanchisserie, chambres… A proximité, on découvrit un cimetière.

 

En haut, vue générale du Site de Qumran
avec, au premier plan, les falaises au flanc desquelles on découvrit les grottes contenant une partie des manuscrits.

En bas, le plan du site de Qumran qui ne
pouvait abriter plus de 50 personnes.

Il n’a été découvert aucun chemin entre
les ruines et les grottes qui aurait pu faire penser que les grottes servaient de lieu de travail ou de méditation.

Les archéologues, dont le Révérend Père Roland Guérin de Vaux qui dirigea les fouilles, décrétèrent que le site était un établissement essénien.

Les Esséniens étaient l’une des trois écoles de philosophie juives décrites par Flavius Josèphe (c.37 – c.100) dans La Guerre des Juifs et Antiquités Judaïques. Les deux autres écoles étant les Pharisiens et les Sadducéens. Pline l’Ancien (23 – 79) les cite aussi dans son Histoire naturelle et Hippolyte de Rome dans la Réfutation de toutes les
hérésies
.

Nous pourrions en rester là mais il convient de noter que cette hypothèse essénienne, qui prévaut encore de nos jours, commence à être remise en question.

Il est donc encore permis de se poser deux questions :
– Existe-t-il un rapport entre le site de Qumran et les manuscrits de la mer Morte ?
– Ce site fut-il vraiment occupé par des Esséniens ?

On distingue sur le flan de la falaise
l’entrée de la grotte 4 où furent découverts en 1952 les manuscrits relatifs au calendrier essénien.

Avec l’aimable autorisation de www.HolyLandPhotos.org

à suivre